Son nom prédisposait sans doute Maxime Meilleur au sport ou à la gastronomie... Il a successivement choisi les deux ! « Entré dans le restaurant paternel pour fabriquer une crème anglaise, je n’en suis jamais ressorti », s’amuse-t-il aujourd’hui. L’ex-biathlète recourt volontiers aux métaphores sportives pour raconter comment la « petite maison », qui en savoyard se dit La Bouitte, a décroché ses deux étoiles au Guide Michelin. L’hôtel-restaurant de Saint-Marcel-de-Belleville est le champion d’une cuisine d’auteur qui compose un hymne à la nature, marquée par une connivence de chaque instant entre le père, René Meilleur, et son fils, engagé non plus dans une course de ski de fond, mais dans un véritable travail de fond.
La fête des enfants
« Une grande cuisine, c’est à la fois des racines et de l’inventivité », explique Maxime. Son inspiration puise aux sources de l’enfance. « Le jour du Mardi-Gras, déguisés, nous allions frapper aux portes des maisons. Tout le monde nous donnait des œufs, de quoi préparer des crêpes et organiser un grand repas. Vers six heures, les grands venaient nous faire peur. Cette tradition s’est maintenue : certaines stations organisent des événements et dans tous les restaurants, de nombreux clients viennent avec une perruque et un déguisement. Les touristes internationaux surtout semblent attachés à perpétuer cette tradition. »
La Bouitte offre une expérience unique, mais c’est toute la Savoie qui invite à devenir gourmet. Les suggestions de Maxime réconcilient les plaisirs gourmands et la diététique sportive : charcuterie artisanale authentique, poissons de lac, fromages accompagnés de vins de Savoie, des vins qui ont pris une ampleur remarquable depuis quelques années et qu’on consomme toujours avec modération.
Mardi Gras, mais pas trop gras...
« Un territoire touristique se défend par des valeurs », plaide le jeune chef dont le restaurant a su aussi bien revisiter le solide lapin à la polenta qu’inventer le pigeon sur foin, et même alléger la traditionnelle fondue savoyarde, devenue ici « aérienne ». Même si vous ne déjeunez pas à la Bouitte ce 21 février 2012, faites-vous plaisir en privilégiant un Mardi-Gras de haute exigence culinaire, ski aux pieds et – si vous y tenez vraiment – perruque de couleur sur la tête.
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